Les tests Ostéopathiques, comment s’en servir. « Centre CROIR

Les tests Ostéopathiques, comment s’en servir.

Les Tests Ostéopathiques locaux et globaux
par Robert ROUSSE Ostéopathe D.O. M.R.O.F.

Principes

Le corps humain fonctionne comme une mécanique animée de vie.

A) le corps mécanique:

Son expression est la mobilité .
Elle s’appréhende au moyen des tests ostéopathiques de mobilité.

Tout mouvement peut-être décomposé selon les trois axes de l’espace : un axe vertical, un axe antéro postérieur, et un axe transversal.
Les mouvements par rapport à ces axes peuvent être de deux sortes:

-Soit un mouvement le long de l’axe, soit un mouvement autour de l’axe;
ce qui permet de déterminer 2 groupes de paramètres:

-un groupe de paramètres traumatiques dont la trajectoire est rectiligne ,le déplacement se faisant le long de l’axe,

-et un groupe de paramètres physiologiques dont la trajectoire est curviligne, le déplacement se faisant autour de l’axe.

les paramètres traumatiques sont: les paramètres physiologiques sont:

haut/ bas ou compression/ séparation anté-/ post-flexion
gauche/ droite ou glissement latéral latéroflexion G / latéroflexion D.
avant/ arrière ou glissement antéro-postérieur rotation G/ rotation D.
ils donnent la position de la pièce dans l’espace ils donnent l’orientation de la pièce dans l’espace
( voir schéma : Fig 1 et Fig 2 dans l’exemple donné içi pour le Sacrum)

B) le corps vivant:

Son expression est la vitalité.

Elle s’appréhende au moyen des tests ostéopathiques de vitalité:
-l’inspiration et l’expiration qui donne la notion de rythme
-l’expansion et la rétraction qui donne la notion de volume
-la dilatation et la contraction qui donne la notion de l’enveloppe du volume.

Logiquement il est préférable de commencer les tests par :
1) le paramètre de compression /séparation
2) puis par celui du glissement latéral G ou D.
3) puis par le glissement antéro postérieur
4) l’anté-et la postflexion
5) la latéroflexion G ou D
6) la rotation G ou D

Nota: l’ordre dans lequel on teste les paramètres physiologiques dépend de la pièce à tester ;en effet les pièces impaires ont un mouvement physiologique de flexion/ extension alors que les pièces paires ont un mouvement physiologique de rotation externe/ rotation interne.
On terminera donc toujours par tester le mouvement physiologique propre à la pièce choisie. Ce qui permet d’avoir un test pur puisque tout les autres paramètres ont déjà été testés et mis au neutre.

En pratique le test s’effectue deux étapes:

On utilisera le principe du  » test-correction » qui consiste à faire la sommation des points neutres de chaque paramètre.

Première étape : Elle intéresse ce qui se passe entre nos deux mains puisque chacune des mains contrôle une pièce;c’est donc un mouvement relatif entre une pièce et une autre pièce.

On va tester en premier le groupe des paramètres traumatiques et en deuxième le groupe des paramètres physiologiques( car on sait que la tension apportée sur les fibres par un paramètre traumatique est plus gênant pour le corps que celle apportée par un paramètre physiologique).

On prend le premier paramètre: compression / séparation, que l’on met à son point neutre ( c’est la position en allant vers la lésion qui donne dans les mains une sensation de silence tissulaire, la pièce n’a plus envie de continuer plus loin ni de revenir en arrière; la tension sur les fibres qui travaillent dans ce paramètre est absolument équilibrée.)

C’est à partir de ce point d’équilibre tensionnel et à partir de ce point seulement que l’on commence à tester le deuxième paramètre.
On trouve son point neutre et à partir de celui-ci on teste le troisième paramètre, et ainsi de suite jusqu’au 6ième paramètre.

On a donc bien fait la sommation du point d’équilibre de tous les paramètres.

Normalement on n’a plus aucune tension sur aucun paramètre, c’est un silence tissulaire total dans les mains puisque plus aucune information tensionnelle ne nous parvient.
On a utilisé le principe fonctionnel sur tous les paramètres. On peut dire que nous avons mis en place un test qui se révèle être également une technique totalement fonctionnelle de correction.

Deuxième étape:

Il nous faut considérer, maintenant que la position entre les deux mains est installée, que celles-ci forment un ensemble où une unité qui fait partie d’un tout :le corps.

La question qui se pose alors est:
Cette unité est-elle bien positionnée et orientée par rapport au reste du corp?

Les mêmes tests vont être effectués mais en considérant cette fois-çi, non plus un mouvement relatif une main par rapport à l’autre, mais l’unité faite par ces deux mains par rapport au reste du corps.

1) est-ce que cette unité se comprime ou se décomprime sur le reste du corps
2) est-ce qu’elle glisse à gauche ou à droite
3) est-ce qu’elle glisse antérieur ou postérieur
4) est-ce qu’elle fait antéflexion ou postflexion
5) est-ce qu’elle fait latéroflexion gauche ou droite
6) est-ce qu’elle fait rotation gauche ou droite.

Malheureusement il semble que se soit une question que peu d’élèves ou même de praticiens se pose et c’est dommage car le secret de certaines corrections se trouve dans la réponse.

Q 1: Pourquoi cette deuxième étape est-elle si importante?

R. 1: Parce que ces 2 pièces que nous avons testées dans la première étape ne sont pas seules au monde et qu’un autre endroit dans le corps a pu leur servir de point de ralentissement .
Il y a donc une inter-relation lésionnelle entre ce point et ces deux pièces; et nous voulons résoudre le problème qui existe entre celles-ci ,de façon durable, il est donc indispensable de tenir compte également de ce point.
C’est une façon logique de reconnecter le travail local que nous effectuons sur ces deux pièces en le réintégrant dans la globalité du corps.

On pourrait extrapoler ce principe, en considérant que les deux mains et le reste du corps forment à leur tour une unité qui,elle-même, devrait être bien positionnée est bien orientée par rapport au corps énergétique, puis, cette nouvelle unité à son tour bien positionnée est orientée par rapport à la terre par exemple ou par rapport à d’autres niveaux de conscience……..

Ce concept n’est-il applicable qu’à la structure ou est ce un principe universel qui s’applique également aux autres niveaux de conscience ??????? ………………………..
Mais ceci est peut-être une autre histoire……………………………………..

Q 2: Comment vérifier l’importance de cette 2ième étape ?

R. 2: En testant les paramètres. La mise à la barrière tissulaire( dans le sens de la correction) objective le rapport lésionnel entre deux pièces.

Exemple:
Lorsque l’on teste à partir du crâne la traction-compression dans l’axe du corps, on peut trouver une traction correcte jusqu’au sacrum et compression difficile qui va buter au niveau du deuxième anneau thoracique.
On sait donc que le problème se situe entre l’unité: tête-cou jusqu’au 1er anneau thoracique et le deuxième anneau thoracique.(chaque main du praticien va controler un élément)

La première étape consiste donc ,à partir de cette compression axiale qui nous permet d’objectiver le plan dans lequel nous allons travailler, à tester les cinq paramètres qu’il nous reste en commençant par le glissement latéral gauche et droite puis par le glissement antéro postérieur et enfin en testant les trois paramètres physiologiques :antéflexion/ postflexion, latéroflexion gauche/ droite, et rotation gauche/ droite.

Q 3: que faire avec ces paramètres ?

R 3: Nous avons plusieurs possibilités de positionnement pour ces cinq derniers paramètres;

1) Soit, les mettre tous dans leur position de confort lésionnel ;on annule ainsi la composante de tension dans ces différentes directions, laissant par la même une voie royale de correction sur le paramètre de compression axiale.

2) On peut également amener chacun des paramètres à sa barrière tissulaire, on aura donc, en finale, une structure qui sera dans l’impossibilité de fuir dans une quelconque direction.

Dans ce cas on a fabriqué un bloc tête-cou incluant le deuxième anneau thoracique ,

Nota :
Dans l’exemple illustré par le schéma 3, nous n’avons pris en compte que les trois paramètres traumatiques pour ne pas surcharger le dessin.
Dans la pratique on installera les paramètres physiologiques de la même manière.

Nous avons une lésion de décompression axiale de l’unité :Tête-cou-1er anneau sur le plan du 2ième anneau qui empêche la compression de descendre jusqu’au Sacrum. Nous installons donc, dans cette première étape la mise à la barrière de la compression, des glissements Antérieur et Droit.(schéma 3).

On peut maintenant passer à la deuxième étape.

On prend cette unité que l’on décomprime puis comprime sur le reste du corps.

Deux cas peuvent se présenter:

1er cas: On a une lésion de compression.(schéma 4)

La compression de l’unité supérieure (tête-cou===>2ième anneau) est facile, la décompression est difficile.
Ce qui fait que,si l’on continue à comprimer (comme on le faisait dans la première étape) ,on est bien à la barrière entre: tête-cou-1er anneau et deuxième anneau ( utilisation du principe structurel), mais on n’a plus d’appui sur le reste du corps( car on va dans le sens de la lésion= utilisation du principe fonctionnel).

Cette compression fuit dans le reste du corps et entraîne une énorme perte de puissance dans la mise en place de la première étape. C’est dans ce cas que le praticien se dit: » Je ne sais pas ce qui se passe mais ça ne veut pas lâcher!!!!!!!! ».

2ième cas: On a une lésion de décompression.

La compression est difficile et la décompression facile.
Cette fois-ci, naturellement, la compression qui était déjà difficile entre:tête-cou-premier anneau thoracique et le deuxième est encore difficile entre tête-cou-2ième anneau et le reste du corps.
Il n’y a donc aucune fuite sur ce paramètre.

On comprend aisément que si on applique ce principe à tous les autres paramètres on aura donc une impossibilité pour le corps de fuir sur les paramètres de mobilité que ce soit les pièces qui sont contrôlées par chacune des mains ou cet ensemble supérieur par rapport au reste du corps.

Ainsi si le corps ne pouvant pas s’exprimer en bougeant ( mobilité), il va être obligé de s’exprimer en respirant ( vitalité).

Le praticien va sentir la chaleur qui arrive sous ses doigts, puis les tissus retrouvant leur qualité liquidienne, à la manière d’une éponge dont les fibres s’imbibent lorsqu’on la plonge dans l’eau, il va sentir la fonte de la densité tissulaire , puis le rythme qui revient dans les tissus et enfin la libération tridimensionnelle de la mobilité.

Il est certain que l’unité du corps humain est maintes fois citée, mais dans la pratique on s’aperçoit que le concept est parfois « oublié » ou du moins appliqué seulement jusqu’à un certain point.

Si on veut être logique avec un corps qui, lui, l’est toujours (bien que l’on ne comprenne pas toujours cette logique), on doit s’attacher à toujours relier entre elles les informations que le corps nous donne et veiller à ne pas les séparer.

Car nous avons la chance de disposer de nos mains pour interroger la mémoire tissulaire sans laquelle nous serions, probablement, impuissants à décoder les mystères de la Vie.
Bonne palpation à tous.

Bibliographie: « Les Techniques Ostéopathiques d’Urgence Fonctionnelle »
Auteur: Robert ROUSSE
Editeur: Les Éditions Spirales (juin 2001)